Quand un homme meurt
la pluie tombe aussitôt,
emplissant, effaçant ses empreintes de vie,
emplissant les creux
des empreintes du mort
pour que les pas eux-mêmes
disparaissent aussi.
Quand nous l’avons
mis dans la terre,
descendu dans la tombe,
la pluie vient laver
le creux de ses pas ;
toute trace est effacée
de sa piste familière.
Avant même
que nous ayons couvert
sa tombe de branches,
avant que nous ayons tassé
des pierres sur les branches
(ainsi les branches mêmes
ne resteront pas nues),
alors tombe la pluie
emplissant ses empreintes ; ...
alors tombe la pluie
emplissant ses empreintes ;
la pluie alors efface
les pas qui furent les siens,
l’eau de pluie détruit
ce que nous savions de lui,
la pluie
emplit les pas d’un mort.